LE BOUDDHISME
 

Origine du bouddhisme

C'est avant tout la transmission d'une expérience de Vie par Siddharta Gautama, le Bouddha, l'Eveillé, plus connu sous le nom de Shakyamouni, le Sage des Shakya, du nom d'une famille qui régnait sur une petite principauté entre le Népal et l'Inde qui vécut entre 560 et 480 av J.C.

Il est intéressant de noter qu'à l'instar de toutes les traditions religieuses, la transmission du message fut avant tout orale, très souvent dans le cadre de dialogues. Il est en effet difficilement envisageable de transmettre un enseignement de Vie, si l'on ne l'a pas réalisé ou au moins expérimenté. La connaissance intellectuelle ne suffit pas.

 

Le bouddhisme est-il une philosophie ou une religion ?

Pour Thierry Marie Courau, le bouddhisme en est incontestablement une parce qu'il est une expérience de salut, de recherche de sens, de libération de l'homme (pour se libérer de la soif, il faut une soif). Paradoxalement le bouddhisme, en tant que religion, ne s'occupe pas de spiritualité. Il s’agit d’un entraînement de l’esprit et d'un ensemble de traditions religieuses, de règles de vie.

 

Que propose-t-il ?

De suivre, sans dogmatisme, sans culte à un personnage historique, la Voie de l'intériorité ainsi définie par le Bouddha :  « Sans jamais commettre d'actes nocifs, pratiquer la vertu à la perfection et discipliner totalement son esprit pour parvenir à l'éveil. Ce chemin passe d'abord et avant tout pour le disciple par un enseignement menant à la connaissance et à la suppression de la souffrance».

 

Pourquoi ?

Le grand principe de cette Voie tient dans la prise de conscience par chacun de l'impermanence des êtres et des choses. Chaque être, chaque chose est vide d'existence propre, durable. Aucun phénomène n'existe par lui-même. Tous les phénomènes sont interdépendants.

Lorsque nous nous attachons à nos pensées, nous nous approprions les êtres, les évènements et les choses, nous leur donnons une existence propre, comme s'ils existaient depuis toujours et pour toujours.

Or tout change, tout est impermanent. C'est cet attachement qui est la cause de notre souffrance – dukkha, la souffrance de perdre qui n'est pas douleur mais qui fait mal parce que nous aimerions que ce bonheur, cet instant durent – qu'il faut détruire, et non les pensées, les êtres, les choses.

Afin de renoncer aux actions nocives pour lui-même et pour autrui, le bouddhiste doit réfléchir et méditer longuement sur :

  • le caractère précieux et rare de l'existence
  • l'impermanence et la mort
  • la loi du karma qui conçoit la vie humaine comme le maillon d'une chaîne de vies, de renaissances (samsara), chaque vie particulière étant déterminée par les actions de la personne dans sa vie précédente. Chaque être est responsable de son karma (de ses actes) et donc de sa sortie du samsara, sortie qui le libère de la souffrance et de l'insatisfaction du cycle de ces vies et le conduit à l'éveil.

 

Comment ?

Le bouddhiste parvient à la libération :

  • par la confiance en Bouddha (l'Eveillé) : tout homme a en lui-même cette nature éveillée (nature de Bouddha).
  • par la lecture des enseignements bouddhiques (le Dharma) sous la conduite d'un maître.
  • par la rencontre avec la communauté (Sangha) de ceux qui aspirent à la vertu.
  • par l'entrainement à la méditation qui doit conduire le disciple à ne pas se laisser entraîner par le jeu de ses pensées. Méditer c'est renoncer. La pensée n'est, en soi, ni bonne ni mauvaise. Elle est une pensée. Sans vigilance l'esprit va de pensée en pensée comme on va d'objet en objet et se perd en s'attachant à elles.
  • par des périodes de retraite solitaire.

 

Par la méditation vécue dans l’attention et la vigilance, dans une posture ritualisée, le pratiquant parvient à un calme mental. Se met alors en place une concentration et une « vision pénétrante » qui lui permettent d’éprouver la nature de l’esprit, de découvrir l'origine de ses souffrances et de s'en libérer en prenant conscience qu'il n'y a pas d'existence en soi, que tout est interdépendant et impermanent.

 

A l'aide de cette pratique exigeante, il apprend à développer une certaine disposition vis-à-vis de tout ce qui se présente à lui, pensées, sentiments,événements ; à ne pas les retenir ni les refuser ; à les laisser apparaître et disparaître librement. Il abandonne son « je ». Il reconnaît ce qui se passe en lui, il n'en joue pas, il n'analyse pas, il ne s'observe pas.

Peu à peu il parvient à dépasser les dualités :

soi-même/autrui, dedans/dehors… pour appréhender tout le réel d’une manière non duelle ; cela le conduit à l'amour et à l'éveil.

Il atteint la vacuité, il découvre son Bouddha intérieur.

 

L'éveil

Le bouddhiste est alors parvenu à accomplir son propre bien. Ayant compris comment cela a fonctionné pour lui, il peut alors chercher à conduire les autres sur cette Voie. C'est la compassion, ce désir de libérer les autres de tout ce qui est dukkha.

 

« La sagesse est le chemin, la compassion le véhicule. Il faut qu'elles aillent de pair. Il faut avoir de la compassion et en même temps de la sagesse, de manière que la Grande Sagesse donne la direction qui permette au véhicule Compassion d'aller de l'avant. Le Grand Amour, la Grande Compassion et la Grande Sagesse, il faut réunir pas moins que tout cela pour mettre en pratique les fondements du bouddhisme »

(Sa Sainteté 12éme Gyalwang Drupka)

Jean-Paul Caniez

 

 

Vous pouvez écouter intégralement la conférence du Lama Thrinlé du 16 janvier 2016