2011 – Bourgogne : Berzé-la- Ville, Mazille, Carmel de la Paix , Chapaize, Cluny, Taizé, Brancion, Dijon (IFER), vignoble.

Quelques temps forts,

  •  L’arrêt au Monastère de la Paix, des Carmélites de Mazille, où quatre religieuses, dont trois très jeunes, se sont prêtées au jeu des questions et nous ont permis de découvrir le sens de l’appellation « Carmel de la Paix ».
  • Taizé, bien sûr !
  • Le Centre Universitaire Catholique de Bourgogne et son Institut de Formation pour l’Etude et l’Enseignement des Religions (IFER) de Dijon avec une conférence sur le thème « L’homme en lui-même est un fait religieux, puisqu’il est habité par une transcendance »

Voyage en Bourgogne  du 20 au 22 septembre 2011 De Cluny à Dijon, terre de culture et de rayonnement spirituel…

 Dans cette région toute proche de la nôtre, UNIDIVERS se devait daller à la rencontre, non seulement des pierres qui attestent du passé, mais des hommes et des femmes qui sont les acteurs d'aujourd'hui.

MARDI 20 : Berzé-la-Ville, Mazille, Cluny.

 Ainsi, dès le premier jour, la question se pose : à quelle Eglise appartenons-nous ? Ce peut être celle de Cluny la Grande, véritable capitale de l'Europe aux Xè et XIè siècles. Les vestiges en sont impressionnants : avec la grande église, rien ne devait être ni trop grand ni trop beau pour honorer le Dieu Seigneur, comme nous l'avions constaté déjà à Berzé-la-Ville avec les magnifiques fresques de la Chapelle des Moines. Ces moines bâtisseurs, complètement immergés dans la féodalité, vont nous laisser cette vision quasi aristocratique d‟une Eglise où certains sont mis à part pour Dieu, d'où la sacralité du moine… et du prêtre.  

Ce peut être aussi la conception d‟une Eglise plus contemporaine, celle que nous avons vécue au Carmel de Mazille, dit « Carmel de la Paix ». A la célébration, nous sommes ensemble, mêlés, visiteurs et religieuses, Peuple de Dieu autour de la table eucharistique. Plus tard, quatre sœurs, tout sourire et pleines d'humour, viendront nous parler de leur vocation monastique à être ouvertes au monde pour proposer des possibilités de dialogues dans la paix et des rencontres interreligieuses. A dix kilomètres de Cluny, Mazille offre aujourd'hui ce tout autre visage d‟une Eglise humble, moins triomphante et moins sacralisée, mais plus à l'écoute et plus solidaire.  Au soir du premier jour, la rencontre avec des animateurs de « Cluny, chemins d’Europe » élargira encore les perspectives. Pour eux, « la différence est créatrice de paix ». Ils se définissent donc comme « une association laïque de citoyens européens, lieu de rencontres et d'échanges entre divers acteurs attachés aux valeurs d'une laïcité ouverte et conscients de la richesse des différentes traditions. » Il est bon parfois de s'attacher à dégager ce qui, à travers l'étrangeté de l'autre, rejoint toujours en profondeur son humanité… A Cluny, haut lieu du christianisme, il est possible aujourd'hui, comme nous l'avons constaté, de repousser et d'élargir les limites de nos conceptions de l'Eglise, du monde et de l'homme. 

MERCREDI 21 : Taizé, Chapaize, Brancion, l’IFR de Dijon.  

Au matin du second jour, Taizé marquera les voyageurs par la rencontre prévue avec deux jeunes, un Argentin et une Allemande. Permanents temporaires, ils se sont appliqués, malgré les difficultés de langues, à répondre aux questions du groupe, parlant en toute simplicité du caractère international de Taizé, des échanges culturels, de l'esprit, des temps et thèmes de réflexion. Et ce sont eux qui, très naturellement, nous inviteront à terminer l'entretien dans la grande église de la Réconciliation : la prière de tous  se mêlera aux chants et hymnes de nos hôtes. Et ce fut un grand moment à vivre. 

Au village de Chapaize, ce sera une halte d'art religieux avec l'église romane et son remarquable clocher de type « bourguignon », massif à la base, ajouré en hauteur, comme si l'on devait sortir du sombre, la terre, pour aller vers la lumière : le ciel…

 Plus loin, à Brancion, l'étape sera plus historique et gastronomique, dans ce village fortifié sur son éperon rocheux.   

Nous étions en route vers Dijon avec un double rendez-vous.

 D'une part, le groupe des Amis de La VIE de Côte d'Or devait nous accueillir au Centre Universitaire Catholique de Bourgogne.

D'autre part, dans ce même Centre, nous devions rencontrer Gérard Gobry, directeur de l'Institut de Formation pour l'Etude et l'Enseignement des Religions (IFER,) et René Nouailhat qui fut l'initiateur de cet Institut et reste directeur des études universitaires. Avec eux, ce sera le temps d'une conférence magistrale à deux voix, pour les accueillants dijonnais et les accueillis savoyards. « L’homme en lui-même est un fait religieux, puisqu’il est habité par une transcendance, » dit René Nouailhat. Entre autres réflexions lourdes de sens, il insistera sur la nécessité aujourd'hui, pour les enseignants et éducateurs, d'être formés au fait que le religieux explique et anime nos comportements sociaux et culturels. Gérard Gobry interviendra sur des aspects plus pratiques en passant en revue les diverses disciplines au programme. Comment enseigner la littérature, les arts, les sciences de la vie et de la terre… sans un minimum de références aux traditions bibliques et évangéliques ? Toute notre culture est imprégnée de ces allusions religieuses. Les repérer et les connaître ne signifie pas nécessairement y adhérer dans une foi.

 Après ces sommets intellectuels, d'autres sommets de convivialité et de gastronomie : nos hôtes tiennent à inculturer les Savoyards dans leur Bourgogne des spécialités culinaires.

De l'apéritif au dessert, ce ne sont que plats typiques, décrits et expliqués par un membre du groupe dijonnais. Le tout s'apprécie à table, tous heureux de faire connaissance, d'échanger, de rire, de chanter… Comme il est alors évident que l'art de la table est un facteur essentiel de cohésion et de rencontre culturelle !

Que nos amis dijonnais soient grandement remerciés pour la qualité de leur accueil et l'ambiance conviviale qu'ils ont su créer. 

JEUDI 22 OCTOBRE : DIJON, la ville, CLOS VOUGEOT

 Nous consacrerons la matinée du troisième jour à la visite de la ville historique de Dijon avec le couple relais des Amis de La Vie Maurice et Françoise qui seront nos guides.

Dijon est une ville agréable, vivante, riche de son patrimoine qui remonte au Moyen-Age. On ne peut tout voir ni tout décrire. Nous conjuguerons le passé et le présent en nous retrouvant à la Maison Millière. Construite en 1483, c'est la plus vieille maison de Dijon qui a conservé son aspect typique de l'époque. L'échoppe du rez-de-chaussée est aujourd'hui un restaurant, et là, enfin assis après plusieurs heures de marche en ville, il sera temps de faire honneur au bœuf bourguignon préparé pour le groupe. 

A ce tourisme citadin, nous ajouterons le tourisme des produits du terroir.

Sur la route du retour, c'est le château de Clos Vougeot, noyé dans des vignes à perte de vue. Nous y visiterons de gigantesques pressoirs vieux de cinq siècles. Nous y évoquerons aussi l'abbaye de Cîteaux toute proche, puisque nous sommes ici sur une terre qui appartenait aux moines… et enfin quelques emplettes à la ferme du Cassis… 

Et puis, ce sera le retour à Annecy. Il n'y aura plus rien à dire, rien à dire, sinon que c'était un vrai voyage d'UNIDIVERS, avec son ambiance chaleureuse et parfois studieuse, un peu de tourisme, beaucoup de découvertes et de rencontres.

 Et pourtant, il reste une question : est-ce un hasard si c'est en Bourgogne que se sont développés  hier, Cluny, Cîteaux, Clairvaux, Vézelay, Paray-le-Monial… Aujourd'hui, Pontigny et Mazille pour les catholiques, Taizé pour l'œcuménisme, le prieuré d'Uchon pour les orthodoxes, le temple des Mille Bouddhas près d'Autun et le travail de l'IFER à Dijon… ?

Oui, la Bourgogne est bien une terre de culture et de rayonnement spirituel. En trois jours, nous n'avons pu qu'en deviner la profondeur et la richesse.                                                                         

Claude Popin